Le développement durable à l’AP-HP

Le développement durable à l’AP-HP

En France, l’hôpital joue un rôle central dans la qualité des soins et le très bon niveau de santé de la population. Il a dans le même temps une très forte empreinte environnementale. Consciente de ce qui apparait de plus en plus à la société comme une contradiction, l’AP-HP conduit depuis plusieurs années une politique environnementale ambitieuse, articulée autour de 3 objectifs fondateurs : décliner une gestion économe des ressources,  tendre à un management socialement responsable, rechercher un fonctionnement respectueux de l’environnement.

Nos enjeux

  • La transition énergétique : réduire nos consommations énergétiques et développer le recours aux énergies renouvelables et leur éventuel  stockage. L’AP-HP a pour objectif de réduire d’ici 2019 de 20% ses consommations énergétiques par rapport au niveau de 2013 qui était de 1142000 MWh // émission de 175000 teq CO²
  • Le déplacement des professionnels et des usagers de l’hôpital: réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES) de leurs déplacements en facilitant l’usage des transports collectifs et le recours à des modes des mobilités « douces ». Les émissions de GES sont suivies annuellement.
  • Les transports de biens: réduire leurs émissions de gaz à effets de serre en optimisant leur organisation et en utilisant des véhicules plus propres.
  • Les achats écoresponsables: ces achats concernent principalement les produits hôteliers, les médicaments et les dispositifs médicaux. Ils sont responsables de près de 40% des émissions de GES des hôpitaux, soit plus de 570 000 teq CO2 d’émission pour l’AP-HP. L’AP-HP cherche à favoriser l’usage de produits impactant le moins possible notre environnement. Le développement de l’économie circulaire sera recherché dans tous les domaines et notamment en alimentation en privilégiant les circuits courts. Ils devront également contribuer au développement de l’écoconception des soins.
  • la gestion des déchets: 44 000 tonnes de déchets sont produits chaque année à l’AP-HP dont 8 000 tonnes des déchets à risque infectieux (DASRI). Le pourcentage de ces DASRI devrait être réduit et passer de 20 à 15 %. Il est donc nécessaire de privilégier la prévention avant la gestion pour réduire notre empreinte environnementale en respectant la hiérarchie des modes de traitement suivant :
    • Réutilisation et économie circulaire
    • Recyclage et/ou valorisation
    • Élimination.
  • L’écoconception et l’hygiène des locaux : matériaux, produits et composants agressifs pour l’environnement et/ou toxiques pour la santé des personnels et des patients.

Cette politique, qui justifie la recherche constante d’innovations dans l’ensemble des domaines précédemment cités, est par ailleurs confortée par :

  • Son portage par de grands projets architecturaux ou urbains identifiés comme prioritaires ou méritant par leur contenu d’être mis en exergue

Quelques exemples : la construction du nouveau siège de l’AP-HP sur l’emprise de l’hôpital Saint-Antoine en 2021, l’implantation du futur hôpital du campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord à horizon 2026, et l’insertion exemplaire de la Pitié-Salpêtrière dans son écosystème et ce, au regard notamment du projet du « quartier des Deux Rives » conduit par la ville de Paris et la RATP.

  • L’implication de l’ensemble des catégories de professionnels exerçant à l’hôpital

Quelques exemples de projets propres au monde hospitalier : l’engagement de travaux sur le tri, la valorisation et le recyclage des déchets de bloc rejoignant ceux de la Société Française d’Anesthésie Réanimation (SFAR), l’élaboration d’ un protocole de recherche de « modélisation de l’empreinte environnementale d’un parcours patient », la réflexion menée sur l’empreinte des médicaments et dispositifs médicaux, l’identification de critères développement durable au regard de la pertinence des prescriptions.

  • Le partenariat institutionnel dans le domaine : un  accord-cadre a été signé avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui identifie quatorze projets autour de la transition énergétique, les mobilités et le traitement des déchets.

Une autoévaluation de cette politique est réalisée annuellement par chacun des Groupes Hospitaliers à l’aide de l’observatoire du développement durable élaboré par l’ANAP.

Les actions engagées

De nombreuses initiatives ont été engagées au sein de l’AP-HP. A titre indicatif, voici ci-après quelques exemples représentatifs de cette démarche.

L’AP-HP s’est engagée dans une politique de transition énergétique

  • Par rapport à 2013, la consommation énergétique a pu être réduite de -45 315 MWh soit 4%. L’AMI DD devrait offrir des leviers d’actions devant permettre d’atteindre à terme la cible de 1 000 000 MWh soit une réduction de 12,5%.
  • Le GH Saint-Louis / Lariboisière a été certifié cet été selon les exigences de la norme ISO 50001 (Système de Management de l’Energie). Il s’agit du 1er GH de l’AP-HP certifié et l’un des tous premiers en France.
  • Dans le cadre d’un appel à projet de recherche publié par l’ADEME « Vers des bâtiments responsables à l’horizon 2020 », l’AP-HPa déposé avec un consortium, un projet de recherche de « façades actives » concernant l’efficacité et le confort thermique des bâtiments hospitaliers des années 1960-1970.

L’AP-HP s’est également engagée dans une démarche de maîtrise de sa production de déchets

  • Le volume global est ainsi passé de 39 700 t à 34 800, soit moins 12,3%. avec un  ratio DASRI sur la totalité des déchets stable à 16,6%.
  • Si des actions exemplaires de tri dans les blocs opératoires accompagnées de valorisation des métaux, (GH HUPNVS, La Pitié-Salpêtrière et l’hôpital Necker) ont été entreprises, il serait souhaitable de les conforter et les amplifier par le biais de cet AMI Des pistes de réflexions sont également à conduire pour limiter, le recours à l’usage unique et aux plastiques et limiter ainsi notamment la présence de perturbateurs endocriniens.

Une réflexion sur l’usage des fluides médicaux et leur impact en termes d’effet de serre a également été engagée, à travers l’expérience de  substitution  du gaz anesthésique « Desflurane » par un gaz 2 fois moins polluant. D’autres propositions sont attendues dans ce domaine, le champ de l’innovation est vraisemblablement immense.

Sur la thématique des déplacements, la réalisation de Plans de Mobilité a mis en évidence l’intérêt de mettre en œuvre des solution tournées vers des outils de partage de véhicules, le recours à un parc électrifié et à des véhicules autonomes, une plateforme de covoiturage 2.0. Une expérimentation est également en cours avec la Ville de Paris et la RATP notamment pour tester des ZOE autonomes.